

UMR CNRS 5558 - LBBE "Biométrie et Biologie Évolutive" UCB Lyon 1 - Bât. Grégor Mendel 43 bd du 11 novembre 1918 69622 VILLEURBANNE cedex
- Modèles et outils pour une évaluation quantitative du risque en écotoxicologie
L’évaluation quantitative du risque toxique sur le fonctionnement à long terme des écosystèmes se heurte aujourd’hui à des obstacles théoriques et méthodologiques liés au changement d’échelle temporelle, spatiale ou démographique d’observation (in vitro – in natura, fermé - ouvert, individu - population). L’objectif de cette thèse est de proposer des solutions rapidement opérationnelles (sous la forme d’un logiciel interfacé Web, convivial et simple d’utilisation) pour mettre à disposition des écotoxicologues une base de connaissances (i.e., un choix de modèles, de paramètres et de données tests pour l’étude d’une espèce face à un toxique donné) et un guide méthodologique d’aide à l’analyse et à l’interprétation de données de bioessais de laboratoire à l’échelle individuelle. En filigrane, un guide conceptuel et pratique pour mettre en place des plans d’expérience optimaux est indispensable pour l’étude d’un nouvel organisme et/ou d’une nouvelle substance toxique, i.e., l’identification d’un compromis entre un jeu de données suffisant pour alimenter des modèles prédictifs et le temps/coût nécessaire à l’acquisition de ces données. Une solution avantageuse, dans un domaine où l’expérimentation s’avère souvent impossible ou trop coûteuse, est l’approche par modélisation et simulation. Aussi, pour aborder le passage nécessaire de l’individu à la population, défi majeur à la fois pour l’écotoxicologie et le modélisateur, la voie des modèles mathématiques et statistiques à visée prédictive, avec l’objectif d’une meilleure compréhension du mode d’action des perturbateurs sur les traits d’histoire de vie individuels (survie, croissance, reproduction) et extrapolation de leurs effets à l’échelle populationnelle, doit être privilégiée. Ce n’est qu’ainsi que l’écotoxicologie pourra relever le défi de proposer des modèles quantitatifs d’évaluation du risque toxique aux différents niveaux d’organisation biologique, et donc d’avancer vers une vision intégrée de l’impact des xénobotiques sur l’environnement conduisant à une standardisation des procédures d’estimation du risque. Cette thèse débouchera donc non seulement sur des éclairages conceptuels dans le domaine de l’écotoxicologie, mais contribuera aussi significativement au développement d’outils « clé en main » utilisables directement par les chercheurs du domaine. Du fait de la généricité visée dans ce projet de thèse, les outils proposés intéresseront également les collectivités locales et les gestionnaires des milieux récepteurs, des effluents d’activités industrielles, d’activités agricoles, ou encore de rejets de zone urbaine (DIREN, Agences de l’eau,…). Ce projet répond ainsi à la demande sociétale actuelle qui justifie le durcissement du cadre réglementaire visant à garantir une meilleure protection vis a vis des xénobiotiques (REACH).



