Pour réduire l’incertitude liée à la variation environnementale, les individus doivent récolter des informations leur permettant de prendre des décisions adaptées. Jusqu’à présent, la plupart des études empiriques ne se sont concentrées que sur une unique source d’information ; or, ces sources peuvent être nombreuses et être rencontrées à des moments différents. Par ailleurs, le sens d’une information, et donc son utilisation, devrait varier en fonction des informations déjà acquises par le passé.
Ma thèse a pour objet d’étude l’intégration et l’utilisation d’informations multiples, passées et présentes, chez les Insectes parasitoïdes, et en particulier chez Venturia canescens. Deux questions principales la sous-tendent :
i) comment l’information passée module-t-elle l’utilisation d’informations présentes et quelles sont les conséquences comportementales de l’utilisation d’information passée ?
ii) quels sont les mécanismes qui sous tendent l’acquisition et la manipulation d’informations passées ?
La première question sera abordée via l’étude des capacités d’utilisation de l’information passée via deux processus cognitifs : les processus bayésiens et l’apprentissage. Pour cela, nous étudierons comment les expériences de ponte permettent aux parasitoïdes de réactualiser l’information présente concernant la richesse environnementale en hôtes (i.e. en sites de pontes). Puis, nous testerons si les parasitoïdes ont la capacité de double apprentissage associatif dans le contexte de gestion d’un compromis évolutif entre reproductions immédiate (recherche d’hôtes) et différée (recherche de nourriture). La valeur adaptative de ce double apprentissage sera mesurée sur le terrain.
Concernant les aspects mécanismes, nous nous attacherons à comprendre comment la dynamique des mémoires (i.e. les différentes phases et leur durée) permet une réponse adaptée des organismes lors des comportements de recherche de ressources en conditions naturelles.