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le jeudi 10 janvier à 11:00

Aurélie Célérier (CEFE)

Salle de formation du PRABI

par Vincent Daubin - 10 janvier

Les cétacés ont-ils du nez ?

La perception chimique (olfaction et gustation) est impliquée dans de nombreuses fonctions biologiques chez les mammifères terrestres. Elle permet notamment de s’alimenter, de s’orienter, de réagir aux perturbations abiotiques et biotiques de l’environnement et de structurer et coordonner la vie sexuelle et sociale. Cependant, chez les mammifères marins et plus particulièrement chez les cétacés, ces modalités sensorielles ont été extrêmement peu étudiées au profit de la communication acoustique. Nous développons actuellement des travaux de recherches visant à caractériser les capacités olfactives et gustatives de ces animaux. Notre approche pluridisciplinaire intègre 3 niveaux d’exploration : 1) Un volet en écologie chimique dont l’objectif est d’analyser et identifier les molécules émises par les individus, susceptibles d’être informatives pour les congénères ; 2) Un volet neurobiologique permettant d’explorer les organes récepteurs, les structures cérébrales et les voies nerveuses impliquées dans la perception et l’intégration des signaux chimiques (prélèvements sur des spécimens échoués) ; 3) Un volet comportemental visant à étudier, en milieu naturel, les fonctions biologiques des informations chimiques, notamment dans le cadre de l’alimentation et dans la vie sociale de ces mammifères marins. Outre son aspect fondamental, notre projet pourrait permettre, à terme, d’identifier des molécules répulsives utilisables dans le cadre de la conservation, notamment en prévention contre les menaces anthropiques qui pèsent sur les cétacés, telles que les prises accessoires dans les filets de pêche ou les collisions avec les navires.