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Soutenance de thèse - Nicolas Ferry Vendredi 6 Avril à 14h - salle de conférence de la BU

par Manolo Gouy - 28 mars

Processus impliqués dans le fonctionnement des communautés de grands mammifères : le rôle de l’éléphant d’Afrique dans l’écologie des relations prédateur-proie

Résumé :

Les espèces peuvent indirectement affecter d’autres espèces et leurs interactions. L’interaction trophique entre un prédateur et sa proie peut être modifiée par la présence d’une troisième espèce, soit par des chaînes d’interactions (par exemple, une succession d’interaction de prédation), soit par une modification d’interaction. Cependant, ces effets indirects ont reçu peu d’attention dans la modélisation des réseaux trophiques, et peu d’études ont tenté d’explorer ce phénomène à l’échelle des communautés naturelles de grands mammifères. Les savanes africaines sont des lieux idéaux pour l’étude de ce sujet, car elles sont représentées par une très grande diversité de grands mammifères. Pendant mon doctorat, j’ai exploré le rôle des éléphants en tant que modificateurs de l’interaction trophique du lion dans l’écosystème semi-aride de savane arboré du parc national de Hwange, au Zimbabwe. Les éléphants d’Afrique, en tant que mégaherbivores (masse corporelle des mâles 4000 kg) avec un comportement agressif, peuvent influencer le comportement des herbivores aux points d’eau (ex : comportement de vigilance) et donc influencer leurs interactions avec des prédateurs tels que les lions. Cependant, les résultats obtenus ne permettent pas d’indiquer que les éléphants influencent l’interaction trophique du lion aux points d’eau. De plus, les éléphants en consommant de grandes quantité de ressources et modifiant l’habitat pour les autres herbivores pourraient influencer la distribution spatiale de ces derniers, et indirectement celle de leur prédateurs. Les résultats montrent que les éléphants semblent augmenter la disponibilité des ressources alimentaires pour les impalas, possiblement en augmentant la repousse des arbres en brisant les rameaux et les tiges, comme ces derniers choisissent les habitats utilisés par les éléphants. Cependant, aucun effet de facilitation ou de compétition n’a été observé pour les autres herbivores, ce qui conduit à penser que les éléphants n’influencent pas la distribution spatiale du lion et donc ses interactions trophiques de cette façon. Enfin, en modifiant l’environnement physique (comme espèce ingénieur des écosystèmes), les éléphants affecte la visibilité et le nombre de sites d’embuscade pour les lions dans la végétation ligneuse et semblent finalement influencer la localisation des sites de chasses réussies des lions. Cette étude suggère que les effets indirects peuvent agir au niveau des communautés de grand mammifères même si leur observation et leur quantification sont difficiles dans les communautés naturelles. De plus, cette thèse appuie l’observation selon laquelle il est important de tenir compte de ces effets indirects afin d’avoir une compréhension approfondie et une meilleure capacité de prédire les conséquences que les perturbations peuvent avoir sur la structure et le fonctionnement des communautés.