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Les antidiabétiques oraux et l’hémoglobine glyquée sur la sellette : résultats décevants et effets secondaires sérieux

Depuis la mise en évidence d’un lien entre le diabète de type 2 et l’augmentation du risque de maladie cardiovasculaire, plusieurs essais cliniques ont étudié l’effet de traitements visant à réduire la glycémie dans le but de réduire simultanément les risques associés à cette maladie. Les résultats de ces études sur le bénéfice de tels traitements sont cependant discordants, en particuliers sur les types d’événement cardiovasculaire impliqués, l’une des études les plus récentes ayant été interrompue prématurément pour surmortalité globale significative.

Des chercheurs de l’université Claude Bernard Lyon 1, du CNRS, des Hospices Civils de Lyon et de la British Columbia University (Vancouver, Canada), parmi lesquels plusieurs membres du LBBE (Theodora Bejan-Angoulvant, Claire Bergeonneau, Behrouz Kassaï, François Gueyffier et Catherine Cornu), ont réalisés une synthèse de 13 études existantes afin de tirer une conclusion globale sur ce sujet.

Les résultats ont été publiés le 26 juillet 2011 dans le British Medical Journal et sont accompagnés d’un éditorial.

D’après ce travail, les médicaments antidiabétiques oraux sont efficaces sur le contrôle de la glycémie, mais ne réduisent les accidents cardiovasculaires liés au diabète que de façon décevante, au prix d’effets secondaires sérieux, tels que des hypoglycémies sévères ou des insuffisances cardiaques. De plus, le contrôle de la glycémie, attesté par un seul biomarqueur (l’hémoglobine glyquée), ne peut plus être considéré comme un critère suffisant pour justifier la mise sur le marché d’un médicament de prévention cardiovasculaire.

L’impact important de ce travail réside en particulier dans son haut niveau de preuve scientifique, issu du savoir-faire de l’équipe dans l’approche méta-analytique, qui permet une synthèse précise et la moins biaisée.

A la lumière de ces résultats, il est nécessaire de conduire des études supplémentaires à haut niveau de preuve pour que les médecins puissent considérer pleinement les risques et bénéfices associés au traitement des personnes avec un diabète de type 2.