Post-doctorat 2 ans sur l’analyse génomique de la reconnaissance d’apparentés chez les insectes

Aurore Gallot, du département d'Écologie Evolutive au LBBE ouvre une offre de post-doctorat afin de mieux comprendre les bases génomiques qui sous-tendent les comportements d'évitement des accouplements incestueux en étudiant de manière comparée deux espèces d’insectes qui présentent des comportements contrastés face aux accouplements consanguins (Venturia canescens et Drosophila melanogaster).

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Reconnaître ses apparentés est crucial pour les animaux, en particulier lors du choix de partenaires sexuels : éviter
les accouplements incestueux réduit le risque de consanguinité. Des signaux visuels, chimiques ou acoustiques
informent sur le degré d’apparentement, et les comportements d’évitement d’accouplements incestueux ont été
largement documentés1 . Pourtant, les approches théoriques prédisent que les accouplements incestueux peuvent
parfois être adaptatifs : par un accouplement incestueux, la femelle peut améliorer le succès reproducteur de son
frère, maximisant ainsi sa propre fitness inclusive2,3 . Des études récentes ont montré que lévitement
daccouplements incestueux est rare chez les animaux, et varie fortement entre espèces, allant de l’évitement à la
préférence4,5 . L’objectif de ce projet est de contribuer à une meilleure compréhension des bases génomiques qui
sous-tendent ces comportements en étudiant de manière comparée deux espèces d’insectes qui présentent des
comportements contrastés face aux accouplements consanguins. La première espèce est la guêpe parasitoïde
Venturia canescens, dont les femelles évitent de s’accoupler avec leurs frères6 . Nos précédents travaux ont
montré que les femelles courtisées par leur frères présentaient de réponses transcriptomiques caractéristiques7 .
Le second modèle est une espèce très tolérante à la consanguinité : la mouche Drosophila melanogaster, dont les
femelles distinguent elles aussi leurs apparentés mais privilégient les accouplements incestueux8,9 . Ces deux
modèles détudes sont étudiés et élevés dans les animaleries du laboratoire, et rééchantillonnés chaque année
localement. Le·la postdoctorant·e adressera cette question avec des approches d’écologie comportementale et de
génomique fonctionnelle : i) en analysant les comportements des insectes en présence de partenaires apparentés
ou non ; ii) en comparant les profils transcriptomiques correspondants ; iii) en conduisant l’analyse fonctionnelle
de gènes candidats aux profils d’expression les plus pertinents. L’identification de gènes impliqués dans la
reconnaissance d’apparentés, spécifiques ou communs aux deux espèces d’insectes, permettra de contribuer à
une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires et évolutifs sous-jacents à la diversité des
comportements observés entre deux espèces d’insectes, avec préférence, tolérance ou évitement
d’accouplement incestueux.

 

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